. LE RETABLISSEMENT DE LA PLANEITE

– Pour le support textile

Concernant les peintures sur toile, les défauts de planéité se rencontrent le plus souvent lorsque la toile n’est plus en bonne tension sur le châssis. Des allongements de toile par fluage, des ruptures de maintien des bords, des déformations localisées ou généralisées, des godets d’angle en sont des exemples. Ces déformations peuvent être la conséquence soit d’une mauvaise conservation de l’oeuvre liée aux variations  hygrothermiques répétées, soit à divers accidents, soit à d’anciennes interventions de restauration.

Si la planéité contribue à la lisibilité de l’oeuvre, elle est aussi la garante de la bonne stabilité de l’adhérence de la couche picturale à son support. Aussi tous les traitements qui participent à son rétablissement sont de première nécessité.

 

– Pour le support cuivre

Concernant les peintures sur cuivre, les défauts de planéité du cuivre sont dus essentiellement aux mauvaises manipulations et accidents. Ils s’accompagnent, pour la plupart des cas, de lacunes de couche picturale.

Les traitements de rétablissement de la planéité de la plaque de cuivre peuvent se réaliser de manière très localisée, à l’aide de la pression et de la chaleur envoyée par un mini faisceau infrarouge.

. LE RETABLISSEMENT DE LA COHESION ET DE L'ADHESION DE LA MATIERE PICTURALE

 

Les pertes de cohésion d’une couche picturale naissent d’une simple fissure. La formation de craquelures dites d’âge illustre cette dégradation. La pulvérulence d’une peinture correspond à sa dégradation la plus ultime.

Les ruptures cohésives peuvent accompagner des ruptures adhésives. Ces dernières se montrent à différentes interfaces de la stratigraphie d’une peinture

encollage / support, préparation / support, couche colorée / préparation, et à l’interface entre deux films d’huile.

Les traitements et le choix de l’adhésif de refixage prennent en considération la nature des matériaux et de leur évolution avec le temps selon les causes de leur dégradation, comme d’ordre biologique  (moisissures), liées à la conservation et l’humidité, liées à la technique de mise en oeuvre, etc…

. LES DECHIRURES ET LES LACUNES DE TOILE

Les déchirures de toile ont pour origine dans la plupart des cas des causes accidentelles.

Selon la nature de la toile, de son tissage, de son comportement dimensionnel et de son état, les déchirures présentent des aspects différents de leur forme et de leurs bords.
Lorsque les fils de la toile sont sectionnés bord à bord, le collage fil à fil s’apparente à une soudure par point de colle aux extrémités des fils.
Selon l’écartement des fils, le collage des déchirures peut avoir recours dans les lacunes de fils à l’intégration de fibres textile broyées.
Les trous dans la toile, plus importants que les lacunes de fils, demandent à être comblés par des incrustations de toile.
Le collage fil à fil peut se suffire à lui-même et dans ce cas, la restauration au revers de la toile restera très distraite. Si la déchirure est importante, le collage des fils peut demander une consolidation supplémentaire qui peut se réduire à quelques fils de maintien mis comme des « strips », ou bien aller de la simple pièce (fibre de polyamide transparente, intissé de polyester) jusqu’à la consolidation de l’ensemble de la toile, soit par doublage, soit par rentoilage.

. LA CONSOLIDATION GENERALE DE LA TOILE PAR RENTOILAGE

. LE RENTOILAGE TRADITIONNEL ET LE DOUBLAGE SYNTHETIQUE

Notre atelier est très expérimenté dans ce domaine.
Nous pouvons vous proposer pour la consolidation générale de la toile, la solution la plus adaptée à la problématique de l’oeuvre.
Parmi ces techniques,
la plus traditionnelle est le rentoilage à la colle de pâte.
Ce rentoilage est apprécié pour les excellents résultats obtenus sur la planéité, pour l’emploi de matériaux proches de ceux constitutifs et sa réversibilité.
– les plus modernes sont les doublages avec des adhésifs synthétiques introduits par différentes techniques garantissant leur réversibilité.
Ces doublages et leurs adhésifs sont appréciés pour leur compatibilité avec beaucoup des matériaux constitutifs des oeuvres picturales, pour leur stabilité, et le fait qu’ils peuvent nécessiter pour leur mise en oeuvre de faibles contraintes mécaniques.
Dans la plupart des cas, ces doublages sont réalisés sous vide d’air partiel afin d’obtenir une pression contrôlée et homogène pour l’ensemble du collage.

. LE DOUBLAGE TRANSPARENT

La toile d’origine est doublée par un textile transparent (polyamide ou crépine de soie). 

Bien que le textile transparent n’apporte pas le même maintien qu’une toile de lin ou de polyester, il peut être la solution adoptée pour la consolidation d’une toile comportant une inscription à son revers qui doit rester visible.