Le nettoyage d’un tableau constitue une étape essentielles dans le processus de restauration. Avec le temps, la lisibilité de la peinture peut être perturbée par un encrassement, un vernis oxydé et jauni, des repeints altérés. 

Le nettoyage  s’inscrit dans une démarche scientifique et éthique visant à clarifier la lecture de l’oeuvre sans altérer  sa matérialité. Toute intervention repose sur une étude préalable de l’oeuvre et sur des tests rigoureusement contrôlés, permettant d’adapter le traitement aux spécificités techniques et historiques de chaque peinture, qu’elle soit ancienne, moderne ou contemporaine.

. LE DECRASSAGE

 

Le décrassage d’une peinture vernie ou non est une intervention qui prend en compte la nature hydrophile ou hydrophobe de la crasse et de son interaction avec le substrat.

. L'ALLEGEMENT DE VERNIS

L’allègement de vernis consiste à dévernir progressivement jusqu’à un certain degré choisi. 

Si le vernis jauni altère la palette chromatique du peintre, son élimination totale pourrait nous confronter à certains désaccords chromatiques dus aux vieillissement des matériaux constitutifs, comme entre autres, les opacifications ou transparences accrues de certaines couleurs, le jaunissement de l’huile, etc…. Nous devons considérer que le retour à l’image originelle n’est pas toujours possible. Aussi l’allégement de vernis permet d’atténuer l’apparence des modifications chromatiques et de conserver une certaine patine.

Allègement de vernis

. LE DEVERNISSAGE

Le dévernissage est une intervention qui élimine le vernis.

Des tests analysant les difficultés et les risques pour la couche picturale orientent le choix des produits et des meilleures techniques et légitiment le protocole de nettoyage.
Les interventions de nettoyage de vernis sont contrôlées par des examens en lumière UV. 

Le dossier de restauration retranscrit la traçabilité des produits utilisés.

. LE DEGAGEMENT DES REPEINTS ALTERES

Exemple : Le café-concert » – Ernest Desurmont

Huile sur toile – 1,52 x 2,06 m 

Les anciens repeints effectués, ci-contre, dans les lacunes de matière picturale ou dans les zones fissurées, sont posés à même la toile et débordent sur la couche picturale. De plus, leurs couleurs se sont opacifiées et assombries. Ils ont donc été dégagés ; ensuite les lacunes ont été comblées par des mastics, leur relief a été façonné pour redonner une continuité à l’aspect de surface.

L’œuvre étant relativement récente et dégradée partiellement, il a été choisi une réintégration élevée de la couche picturale : les retouches ne sont plus discernables.