La retouche picturale concerne exclusivement les zones altérées ou lacunaires. Elle redonne une lisiblité à l’oeuvre en employant des matériaux stables et réversibles. Il existe plusieurs techniques de retouche en restauration de tableaux. Le choix dépend de l’état de l’oeuvre, de son époque et du niveau de lacune.
. LA RETOUCHE ILLUSIONNISTE
Le mode de réintégration illusionniste permet d’imiter la technique picturale de l’œuvre dans la lacune par des matériaux réversibles et stables. Elle redonne à la lacune une continuité de la matière avoisinante, tant par l’état de surface et de relief que par les couleurs.
Exemple : détail d’une huile sur toile : Sainte Praxède – Epoque fin XVI – début XVIIème siècle – 104,5 x 75 cm.
L’œuvre présentait un repeint de « style » dans la chevelure et des nombreux repeints techniques dans le ciel. La radiographie de la tête révélant une ancienne coiffure, nous a encouragé et permis de dégager les surpeints.
Après purification des surpeints, notamment dans la chevelure, un travail de repiquage a permis de restituer la coiffure.





. LA RETOUCHE POINTILLISTE
La réintégration pointilliste, faite de petits points de couleurs pures juxtaposées, peut s’adapter, par exemple, à des œuvres présentant elles-mêmes de nombreux petits points d’usure.
C’est une des possibilités de montrer, de près, la retouche visible, pour témoigner de l’état lacunaire de l’œuvre. De loin, l’œil reconstitue la palette optique en combinant synthèse additive et synthèse soustractive de la lumière. La technique relève des études de Chevreul et des recherches des impressionnistes et des divisionnistes.
Exemple : Détail d’une huile sur toile – Ecole italienne – Epoque : XVIIIème siècle
1) Réintégration structurelle : les nombreuses lacunes de matière picturale sont comblées par un mastic identique à la couleur de la préparation originelle
2) Réintégration chromatique


. LA RETOUCHE TRATTEGGIO
Le mode de réintégration à tratteggio consiste à juxtaposer des traits de couleurs pures sur un mastic blanc. Elle convient à des œuvres lacunaires dont la technique picturale est une détrempe ou tempera. Ce code de lecture permet de décrypter de près l’emplacement de la lacune et de ne pas faire ainsi un « faux artistique ». L’effet coloré se reconstitue de loin dans notre œil.
Exemple : Détail d’une sculpture polychrome catalane du XVIIIème siècle
1) La couche picturale des carnations a été recouverte, lors d’une intervention de restauration antérieure, d’une couche de cire colorée qui s’est encrassée. Elle comprend de nombreuses lacunes et soulèvements.
2) Après refixage et nettoyage de la couche picturale : réintégration structurelle de la couche picturale.
3) Réintégration chromatique des carnations – technique tratteggio.



